Brandeburg, Rethondes, Bataclan

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Voici ce que j’ai déclaré ce 11 novembre 2019 devant le monument aux morts de Templemars

L’année dernière nous avions marqué avec un relief particulier le centième anniversaire de l’armistice de 1918. Et nous nous interrogions : parviendrions nous à perpétuer ce souvenir, à garder vivante la flamme de nos chers poilus.

La réponse cette année est claire : à Templemars la mémoire des petits et des grands est toujours vive.

Grâce à la communauté éducative, grâce aux anciens de l’UNC, à ses porte-drapeaux et leur président Michel Carlier, grâce à Samuel Roty, son association les Bleuets de la mémoire, ses collections d’objets de l’époque et ses reconstitutions, grâce à Arnaud Risselin, notre policier municipal, nos enfants, nos petits enfants conservent dans leur cœur les sacrifices de nos anciens, mais aussi la valeur de ces deux beaux mots : la Patrie, la Nation.

Dès 1918, on espérait que les sacrifices de nos soldats et les malheurs de cette grande guerre nous inciteraient à ce que de telles horreurs ne se reproduisent jamais plus.

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Les plénipotentaires alliés devant le wagon où fut signé l’armistice de 1918 à Rethondes, dans la forêt de Compiègne

Cela n’a malheureusement pas été le cas, et nous savons qu’aujourd’hui encore, la folie des hommes est capable de reproduire ces catastrophes. Rappelons-nous par exemple que nous fêtons durant ce même week-end le trentième anniversaire de la chute du mur de Berlin, cette cicatrice au cœur de l’Europe, qui traduisait nos contradictions et nos divisions à la sortie de la deuxième guerre mondiale, en 1945. Rappelons-nous aussi qu’il y a quatre ans, le 13 novembre 2015, trois commandos liés au groupe Etat islamique perpétraient une série d’attentats à Paris, provoquant la mort de 131 personnes, en blessant 413 autres.

Nous avons la responsabilité de maintenir intacte notre vigilance. Le monde de 1918 n’est plus le même aujourd’hui, les guerres de demain changent de formes mais elles peuvent surtout être plus redoutables encore pour les civils, pour notre environnement.

Voici le message que nous adresse à ce propos ce matin madame Geneviève DARRIEUSSECQ, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées

« C’était il y a un siècle.

Un an après la fin des combats de la Grande Guerre, le 11 novembre 1919 fut le premier de la paix retrouvée. Désormais, le silence domine là où l’orage d’acier a tonné avec fureur. Il règne sur d’innombrables champs de batailles qui ont charrié un si long cortège de morts, de mutilés, de blessés et de traumatisés.

Les traités sont signés, l’allégresse de la Victoire s’est déployée dans une ampleur incomparable le 14 juillet 1919, l’état de siège vient d’être levé, la vie sociale et politique reprend ses droits, la démobilisation poursuit sa lente progression. Les Poilus retrouvent leur foyer, leur famille et leur commune. Ils découvrent une vie bouleversée, une France transformée par une épreuve de quatre années et par de profondes séquelles. Partout, le pays est traversé par la sourde évidence que rien ne sera plus jamais comme avant, que le retour à l’avant-guerre est impossible.

C’était il y a cent ans. Une nouvelle page s’ouvrait. Celle du souvenir, de la mémoire et de l’hommage.

Depuis, inlassablement, les Français sont fidèles à cet anniversaire. En ce jour, dans les nécropoles, devant les monuments aux morts, sur les places de nos villes et de nos villages, toutes les générations – unies et solidaires – se rassemblent et se recueillent. La Nation se souvient de ceux qui se sont battus pour elle entre 1914 et 1918. Elle n’oublie pas ses enfants tombés au champ d’honneur sur tous les fronts, d’Orient et d’Occident. Elle n’oublie pas le sang versé par des soldats venus d’Afrique, d’Asie, du Pacifique et d’Amérique. Elle salue toutes les nations alliées qui ont partagé le même combat.

Depuis 2012, chaque 11 novembre est aussi l’occasion d’honorer toutes les filles et les fils de France qui, dans tous les conflits, hier comme aujourd’hui, ont accompli leur devoir jusqu’au don suprême. En ce jour, la Nation rend un hommage particulier aux soldats morts pour la France en opérations extérieures.

Morts pour la France 11 Novembre 2019

– Premier maître Alain BERTONCELLO, commando Hubert, mort pour la France au Burkina Faso, le 10 mai 2019 ;

– Premier maître Cédric de PIERREPONT, commando Hubert, mort pour la France au Burkina Faso, le 10 mai 2019 ;

– Médecin principal Marc LAYCURAS, 14e centre médical des armées, mort pour la France au Mali, le 2 avril 2019 ;

– Brigadier Erwan POTIER, 501e régiment de chars de combat, mort pour la France à Rouen (France), le 21 mai 2019, des suites de blessures reçues au Liban ;

– Brigadier-chef Ronan POINTEAU, 1er régiment de Spahis, mort pour la France au Mali, le 2 novembre 2019. »

 

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