
Ce 20 octobre, nous accueillions dans notre commune Anne Sylvestre. La chanteuse bien connue des petits et des grands avait accepté que nous baptisions la maison du relais des assistantes maternelles à son nom. Elle avait tenu à participer à ce baptême. Voici ce que j’ai déclaré à cette occasion.
Madame Anne Sylvestre, chère Anne,
Nous sommes très heureux et très fiers de vous accueillir aujourd’hui dans la commune pour l’inauguration de cette maison du relais des Amis du bonheur qui porte désormais votre nom.
Il y a quelques années, nous avions déjà pensé à une femme, Colette Besson, magnifique championne de demi-fond, pour baptiser un équipement communal, notre salle de sports. Aujourd’hui, c’est à votre tour de parrainer ce beau projet destiné aux enfants, à leurs nounous et à leurs parents.
Votre nom nous est rapidement apparu comme une évidence, parce que vous représentez la synthèse de beaucoup de valeurs que nous souhaitons cultiver dans notre commune, au moment où vous fêtez vos soixante ans de carrière.
Vous avez croisé tant de poètes et d’artistes, Georges Brassens, Cora Vaucaire, Serge Reggiani, Guy Béart, Pierre Perret, Jean Ferrat, Barbara, Félix Leclerc, Pauline Julien, qui ont bercé comme vous notre enfance puis notre vie d’adulte.
Nous souhaitons que les équipements et les lieux publics que nous concevons et que nous entretenons participent à leur manière à ce que naisse en chacun de nous une petite musique particulière. C’est notre contribution à la création de souvenirs qui aident les enfants d’aujourd’hui à devenir demain des adultes heureux, responsables, ouverts à ce qui les entoure, citoyens
Dorénavant, vous allez devenir une figure, une voix familière des habitants de Templemars, et je suis sûr que les enfants qui vous voient aujourd’hui, qui vont découvrir vos chansons, les femmes et les hommes que vous aimez sauront y trouver l’inspiration, cette chanson douce, cette fabulette qui les aidera à progresser, ce grand éclat de rire qui permet de distinguer l’essentiel du futile, ces quelques paroles d’une chanson qu’on retient qui ne constituent pas une recette mais qui vous servent de guide pour la vie.
Je vais vous faire une petite confidence, j’ai une petite chanson qui trotte dans ma tête depuis fort longtemps. Je l’ai même déjà infligée à certains conseillers municipaux, au détour d’une conversation, alors vous pensez bien que ce soir je ne vais pas laisser passer l’occasion.
Depuis le temps que je brode sans relâche mon trousseau
J’en ai vu passer des modes j’en ai tordu des ciseaux
Hélas je ne peux plus mettre mes culottes de pilou
Sécher devant la fenêtre sans ameuter les voyous
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends mon prince charmant
Voilà j’arrive mon aimée
Fais sécher tes culottes au mépris des méchants
Longtemps déjà je t’ai cherchée
Foin des petites sottes et leurs nylons alléchants
J’ai des piles de chemises attachées d’une faveur
Jamais je ne les ai mises il en aura la primeur
J’ai brodé des kilomètres de torchons et de draps blancs
Ne me reste plus qu’à mettre ses initiales dedans
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends mon prince charmant
Voilà j’arrive mon aimée
Tu peux broder mon S à côté de ton A
Longtemps déjà je t’ai cherchée
Tant pis pour la jeunesse on fait avec ce qu’on a
J’ai astiqué les armoires au point d’en user le bois
J’ai jeté ma bassinoire, avec lui je n’aurai pas froid
Pour le lit j’ai en réserve celui de mes grands-parents
Il est grand temps qu’il resserve depuis bientôt 60 ans
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends mon prince charmant
Voilà j’arrive mon aimée
De ton lit je m’en charge il va se réveiller
Vu le temps que je t’ai cherchée
S’il n’est pas assez large on n’aura qu’un oreiller
Je dois dire que je penche pour un certain décorum
Un mariage en robe blanche avec beaucoup d’harmonium
Monsieur l’abbé Labouture celui qui doit nous marier
Pense que telle aventure se doit d’être enjolivée
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends mon prince charmant
Tranquillise-toi mon aimée
S’il n’est pas trop mariolle amène ton curé
Longtemps déjà je t’ai cherchée
Et pour la gaudriole plus besoin du clergé
Je ne savais pas qu’un homme c’était aussi déroutant
Ce doit être ce qu’on nomme un Don Juan et pourtant
Je pense à ce que ma mère a failli me dire un soir
Des choses bien singulières, que je ne veux pas savoir
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends
Depuis l’temps que j’l’attends, j’ai des doutes maintenant
Voilà j’arrive mon aimée
Que madame ta mère excuse mes propos
Mais pourquoi donc t’ai-je cherchée
La vie est trop amère avec une vieille peau
Depuis l’temps que j’l’attends, que j’l’attends …
Pour les néophytes, ou les Béotiens, je précise qu’il s’agit d’une chanson que vous avez créée en 1969 avec Boby