Nice, Wattignies et la Constitution

 

Légende de la photo : Fête de la Fédération, Champ de Mars, 14 juillet 1790

Voici ce que j’ai déclaré ce matin, au monument aux morts de Templemars, à l’occasion de la Fête nationale

La France est un vieux pays.

Notre fête nationale a survécu à trois guerres dont deux conflits mondiaux, et bien sûr, la France d’aujourd’hui n’a que peu de choses à voir avec ce qu’elle était en juillet 1790. Notre pays a traversé de nombreux cyclones. Il a notamment durant ces trois siècles connu la colonisation puis la décolonisation.

Vous le savez, nous commémorons aussi en ce 14 juillet les tragiques événements de Nice qui ont endeuillé la fête nationale il y a un an. Rappelons nous aussi l’attentat de l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray perpétré le 26 juillet par deux individus prenant en otage un prêtre, deux religieuses et deux paroissiens dans une église, tuant le prêtre, Jacques Hamel, âgé de 86 ans et blessant un paroissien.

Et puis vous le savez aussi, il y a quelques jours, les services de police ont neutralisé à quelques kilomètres d’ici, à Wattignies, un individu qui se préparait apparemment à commettre un nouvel attentat, en ce 14 juillet semble-t-il.

On le voit, chacun de ces actes odieux vise ce qui constitue un peu de notre essence, de nos vieilles racines, et souvent des moments où nous nous rassemblons.

Depuis 2012 et les attaques de Mohamed Merah à Toulouse, nous vivons avec cette menace sournoise.

N’en doutons pas, l’objectif de ces projets terroristes, c’est précisément de saper les fondements de notre identité, c’est d’insinuer la peur dans les relations que nous avons les uns avec les autres, c’est de fracturer et de faire tomber ces trois mots qui sont au fronton de chacune de nos mairies et que nous commémorons chaque année depuis 227 ans : liberté, égalité, fraternité.

Avec vous, et en votre nom, je vous le dis : nous ne cèderons pas !

Nous continuerons à nous réunir pour mieux nous connaître et ne pas nous replier.

Nous continuerons à nous rassembler au stade, dans les salles des fêtes pour célébrer le sport, la culture, pour nous retrouver et comprendre le monde qui nous entoure.

Nous continuerons à faire vivre la laïcité, cette exigence morale qui permet de respecter toutes les croyances et les religions dans la vie quotidienne comme dans les églises, les temples, les synagogues, les mosquées.

Nous continuerons à faire preuve de générosité envers les plus humbles quelle que soit leur origine.

Nous continuerons à enseigner à nos enfants les principes d’ouverture que nous ont enseignés au XVIII e siècle les philosophes des lumières contre l’obscurantisme et l’intolérance.

Nous continuerons à fêter la révolution de 1789, point de départ des institutions républicaines que nous honorons et sur lesquelles nous nous appuyons pour vivre ensemble.

Nous continuerons à mettre en pratique l’article 1 de notre constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales. »

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, dimanche, comme nous le faisons depuis des années, nous rendrons hommage aux Justes de France et aux victimes des crimes de l’État français durant l’Occupation, pour nous souvenir de la rafle du Vélodrome d’hiver les 16 et 17 juillet 1942. Nous aurons une pensée particulière envers Simone Veil, cette grande dame qui vient de nous quitter et qui symbolise si bien ces valeurs que nous perpétuons.

 

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